Qu’est-ce que la grille AGGIR ? Définition et utilité
La grille AGGIR (Autonomie Gérontologique et Groupe Iso-Ressources) n’est pas un simple questionnaire médical. C’est un instrument d’observation clinique et sociale. Contrairement à un diagnostic médical classique qui identifie une pathologie, la grille AGGIR est un outil qui permet d’évaluer et qui se concentre sur les conséquences de la maladie sur la vie quotidienne. Elle analyse comment la perte d’autonomie d’une personne impacte ses gestes les plus simples.La grille AGGIR permet de déterminer les GIR d’une personne âgée
Cette grille nationale AGGIR et son guide d’utilisation évalue le degré de perte d’autonomie en classant l’individu dans un GIR (Groupe Iso-Ressources). Il existe six groupes. Cette grille permet de déterminer si l’autonomie d’une personne âgée est suffisante pour rester seule ou si elle nécessite l’intervention de tiers. Cette évaluation permet de définir si la fragilisation liée à l’âge justifie le déblocage de fonds publics via l’APA.Qui réalise l’évaluation ?
La procédure diffère selon le lieu de vie du demandeur :Pour une demande d’APA à domicile : C’est l’équipe médico-sociale APA du département (souvent composée d’un travailleur social et d’un infirmier) qui se rend au domicile. Cette visite est essentielle car elle permet d’observer la personne âgée dans son environnement réel : peut-elle monter ses escaliers ? Sa cuisine est-elle adaptée ?En établissement : La évaluation est intégrée au dossier médical. C’est le médecin coordonnateur de l’établissement qui valide la grille AGGIR, souvent en concertation avec l’équipe soignante qui observe les activités de la vie courante du résident.Quels sont les niveaux de GIR de la grille ?
Le niveau de perte d’autonomie est réparti en 6 catégories. Plus le chiffre est bas, plus le besoin d’aide est massif et complexe.GIR 1
Le GIR 1 représente le stade le plus élevé de la dépendance séniors. Il s’agit d’une personne confinée au lit ou au fauteuil, dont les fonctions mentales sont gravement altérées. Le patient nécessite une présence indispensable et continue de jour comme de nuit. Les soins corporels sont totalement assurés par des tiers.GIR 2
Ce niveau est souvent celui des pathologies neurodégénératives avancées (type Alzheimer). Il concerne la personne dont les fonctions mentales sont altérées mais qui est capable de se déplacer (souvent de manière erratique), ou la personne dont les fonctions mentales sont intactes mais qui est physiquement grabataire, nécessitant une prise en charge pour la plupart des activités vitales.GIR 3
Le GIR 3 correspond à une personne ayant conservé son autonomie mentale (elle peut donner des ordres, s’orienter) mais qui a un besoin d’aide quotidien et plusieurs fois par jour pour ses soins corporels. Sans aide, elle ne peut assurer son hygiène ou son alimentation.GIR 4
C’est le niveau le plus fréquent pour les bénéficiaires de l’APA. Il concerne les personnes devant être aidées pour les transferts (se lever de son lit ou au fauteuil), mais qui peut se déplacer à l’intérieur du logement une fois debout. Elles ont besoin d’une aide pour les soins corporels et le repas. Ce niveau de perte d’autonomie d’une personne est le dernier seuil ouvrant droit à l’APA (GIR 1 à 4)GIR 5 et 6
GIR 5 : Désigne ceux qui ont seulement besoin d’une aide ponctuelle pour la toilette et les tâches domestiques (ménage, courses). La personne prépare ses repas seule mais fatigue vite.GIR 6 : La personne est considérée comme n’ayant pas de problèmes d’autonomie majeurs. Elle est capable d’agir et se comporter seule pour tous les actes essentiels. Bien que ces deux GIR peuvent paraître autonomes, ils peuvent tout de même solliciter leur caisse de retraite pour des aides de confort, mais ils ne recevront aucune aide au titre de l’APA.Quels sont les critères qui permettent d’évaluer les GIR ?
Le calcul du GIR ne se fait pas au ressenti de l’évaluateur. Il repose sur 17 variables précises issues de la nationale AGGIR et son guide.Les activités corporelles et mentales (Variables discriminantes)
Ces 10 critères sont les seuls qui déterminent mathématiquement le niveau de GIR. Si l’un de ces points est marqué « C » (ne fait pas seul), le GIR baisse mécaniquement :- Cohérence : Converser et se comporter de façon logique.
- Orientation : Se repérer dans le temps et l’espace.
- Toilette : Capacité à se laver le corps (haut et bas).
- Habillage : Mettre ses vêtements, fermer des boutons, lacer ses chaussures.
- Alimentation : Manger des aliments préparés (couper sa viande, porter à la bouche).
- Élimination : Gérer seul l’hygiène urinaire et fécale.
- Transferts : Se lever, se coucher, s’asseoir.
- Déplacements intérieurs : Circuler dans les pièces du logement.
- Déplacements extérieurs : Franchir le seuil de la porte.
- Alerte : Capacité à demander de l’aide en cas de danger (téléphone, téléalarme).
Les activités domestiques et sociales (Variables illustratives)
Ces variables n’entrent pas dans le calcul automatique du score GIR, mais elles sont fondamentales pour l’élaboration du plan d’aide. Elles incluent :- La gestion de l’argent et du budget.
- La préparation des repas (faire la cuisine).
- Les travaux ménagers (entretien du linge, nettoyage).
- L’utilisation des transports.
- Le suivi du traitement médical.
Comment se déroule la visite d’évaluation pour l’APA ?
Lorsqu’une personne âgée dépose une demande d’APA à domicile, l’équipe médico-sociale fixe un rendez-vous. Il est fortement recommandé qu’un proche (aidant familial) soit présent. L’évaluateur va poser des questions, mais aussi demander à la personne d’effectuer de petits mouvements (se lever d’une chaise, par exemple).Cette évaluation permet de juger si la personne fait l’action :- Habituellement : Pas seulement le jour de la visite parce qu’elle fait un effort.
- Correctement : Sans se mettre en danger.
- Totalement : Du début à la fin de l’action.

Quelles sont les aides disponibles et comment sont-elles calculées ?
L’Allocation Personnalisée d’Autonomie n’est pas une somme forfaitaire identique pour tous. Son montant résulte d’un calcul croisant plusieurs paramètres :
- Le degré de perte d’autonomie : Plus le GIR est bas (1 ou 2), plus le plafond de l’aide est élevé car les besoins en auxiliaires de vie sont importants.
- Le plan d’aide : L’évaluateur liste les besoins (ex: 2h de toilette le matin, portage de repas à midi).
- Les ressources de la personne : C’est un point crucial. Si l’APA est accessible à tous sans condition de revenus, le montant du « ticket modérateur » (le reste à charge) dépend des revenus du bénéficiaire. Au-delà d’un certain plafond de ressources, la personne devra financer une partie de l’aide.
Les solutions pour les GIR 5 et 6
Pour ceux qui ont seulement besoin d’une aide ponctuelle, la caisse de retraite (CARSAT, MSA) prend le relais. Elle propose souvent un « Plan d’Action Personnalisé » (PAP) qui peut financer :
- Le portage de repas.
- Quelques heures de ménage ou de toilette et les tâches domestiques.
- L’adaptation du logement (installation d’une barre d’appui ou d’une douche sécurisée).
Conclusion et conseils pratiques
L’altération d’autonomie est un processus évolutif. Si l’état de santé se dégrade, il ne faut pas hésiter à demander une réévaluation de la grille AGGIR. Une personne âgée classée en GIR 5 peut, après une chute ou une hospitalisation, passer en GIR 4 et devenir éligible à l’APA.
L’évaluation du degré de dépendance est un droit. Elle permet de mettre en place les services nécessaires pour garantir la dignité et la sécurité de nos aînés, que ce soit pour la toilette et l’habillage ou pour le maintien d’un lien social via les activités domestiques et sociales.
FAQ : Tout savoir sur la grille AGGIR et les niveaux de GIR
Que signifie AGGIR ?
L’acronyme AGGIR signifie Autonomie Gérontologique et Groupe Iso-Ressources. Il s’agit de l’outil de référence national utilisé en France pour mesurer le degré de perte d’autonomie physique et psychique des personnes âgées. Contrairement à un diagnostic purement médical, cette grille évalue concrètement la capacité d’un senior à accomplir seul les actes essentiels de la vie quotidienne, comme se laver, s’habiller ou se déplacer.ller ou se déplacer.
Une chute peut-elle modifier mon GIR ?
Absolument. Le GIR n’est pas figé. Si une chute ou une hospitalisation entraîne une baisse brutale de l’autonomie, vous devez demander une réévaluation d’urgence ou une révision de votre dossier APA auprès de votre département.
Quelle est la différence entre l’évaluation du Département et celle de JADIS ?
Ces deux évaluations sont complémentaires pour garantir un accompagnement réussi :
L’évaluation du Département (grille AGGIR) est une expertise administrative. Elle détermine officiellement votre niveau de dépendance et fixe le plan d’aide APA (le volume d’heures et le budget alloué).
L’évaluation de JADIS est une étape opérationnelle. Elle s’appuie sur le plan d’aide APA déjà mis en place pour organiser concrètement le service. Son objectif est de traduire ces heures en une solution de vie : choix du profil de l’intervenant, respect de vos habitudes de vie et définition d’un planning sur-mesure.
En résumé, le Département valide le cadre financier de votre autonomie, tandis que JADIS assure la mise en œuvre humaine et technique de votre projet de vie.
